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30 June 2017 L'ânon, la jument et la mule : allaitement interspécifique et hybridation chez les agronomes romains
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Abstract

Afin de produire des mules, animaux hybrides nés de la saillie d'un âne et d'une jument, certains éleveurs de l'Antiquité commencent par habituer l'ânon à ces femelles en le donnant à nourrir à l'une d'elles. La lecture des textes qui rapportent cette pratique (Aristote, Histoire des animaux, VI, 23 ; Varron, Économie rurale, II, 8 ; Columelle, De l'agriculture, VI, 37 ; Pline, Histoire naturelle, VIII, 171–175) révèle la curiosité des auteurs pour une technique humaine qui permet à l'éleveur de s'affranchir des cadres de l'espèce en utilisant la capacité du lait maternel à transformer le petit qu'elle nourrit. La mule, merveille de l'art, est à la fois le début et la fin de sa lignée puisqu'elle est stérile, et l'allaitement interspécifique entre ses ascendants reste une exception dans le corpus des agronomes romains. Cependant, dans un contexte culturel où l'on ne porte pas une attention très rigoureuse au rang des taxons que l'on décrit, les exemples d'allaitement interspécifique entre animaux servent de modèle analogique pour dénoncer, au sein de la société humaine, l'emploi de nourrices serviles dans les grandes familles romaines (Aulu-Gelle, Nuits attiques, XII, 1, 14–18).

© Publications scientifiques du Muséum national d'Histoire naturelle, Paris.
Marine Bretin-Chabrol "L'ânon, la jument et la mule : allaitement interspécifique et hybridation chez les agronomes romains," Anthropozoologica 52(1), 103-111, (30 June 2017). https://doi.org/10.5252/az2017n1a9
Received: 14 September 2016; Accepted: 1 January 2017; Published: 30 June 2017
JOURNAL ARTICLE
9 PAGES


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